L'invité d'honneur

Jean-François Zimmermann

« Pour moi écrire est difficile, mais ne pas écrire est impossible ».

 

J.-F. Zimmermann a fait sienne  cette réflexion du regretté Jean d’Ormesson. Sa passion de l’Histoire et son amour de l’écriture ne pouvait que le mener au roman historique.

 

Depuis dix ans, toute son activité est consacrée à la littérature tant comme écrivain que comme Président des auteurs de la région des Hauts-de-France où il réside depuis 2009.


3 questions à Jean-François Zimmermann

1 - Que répondriez-vous à un lecteur qui ne cacherait pas ses réticences : « Vous savez, moi et l’Histoire, ça fait deux. Déjà en classe, l’Histoire, ce n’était pas mon fort ».

 

L’Histoire n’est pas une succession de dates ânonnées et recrachées. L’Histoire est un roman, le roman de la vie. Ce genre littéraire dit « roman historique » autorise l’auteur, à planter un décor, mais ne pas se contenter de cela , sinon, comme l’a si bien dit Marguerite Yourcenar, le lecteur ne ferait que de se rendre à un bal costumé. L’essentiel dans un roman historique reste la trame romanesque et l’intrigue nouée qui doit conduire le lecteur à la fois à s’interroger et se laisser porter là où l’auteur veut le mener.

 

2 - L’écriture de vos romans n’emprunte-t-elle pas au cinéma certaines techniques propres à soutenir l’attention ?

 

Je crois plutôt que c’est le cinéma qui emprunte au roman ses propres techniques ! Il ne faut pas oublier que le livre existait avant le cinéma ! Ceci dit, je m’efforce de faire appel aux cinq sens dans mon écriture. Lorsque je décris une scène, je me pose toujours la question : que voient, qu’entendent, que sentent, que touchent, que goûtent mes personnages. Les réponses apportent la crédibilité au récit.

 

3 – Votre dernier roman, Rendez-vous au Pré-aux-Clercs , a fait l’objet d’un deuxième tirage.
A quoi sont sensibles les lecteurs ?

 

Une réimpression obtenue six semaines après la publication rassure l’auteur ! Mes lecteurs sont sensibles à la tenue en haleine. Ils me font la grâce de m’affirmer qu’ils ont lu mon ouvrage d’une traite ! Un livre c’est comme un bon plat. On passe une matinée à le préparer et on l’avale en un quart d’heure ! En ce qui concerne les miens -les livres, pas les plats-, il me faut un an et demi pour les écrire. Il paraît que 400 pages c’est un roman-fleuve, qu’importe pourvu qu’il soit navigable !

 

Propos recueillis par Yves Lucas

 

Livres présentés

Rendez-vous au Pré-aux-Clercs

 

Son dernier titre, Rendez-vous au Pré-aux-Clercs (De Borée, 2017) a fait déjà l’objet d’une réimpression en janvier. L’ouvrage est le sixième qu’il ait publié.

 

Au XVIIe siècle, les fils du comte Christophe de Courcelles sont réputés être jumeaux. François a tous les droits. Raphaël, le cadet, n'a d'autre choix que d'épouser la carrière ecclésiastique. Pensionnaire, à Paris, il s'initie plus souvent au maniement de l'épée qu'il ne s'intéresse à ses études. François, lui, a rejoint les Mousquetaires du Roi. Une inimitié s'est  installée entre les deux frères que tout oppose. Pour une histoire de fille, d'abord : la belle et généreuse Charlotte. De par l'autorité parentale, souvent injuste à l'égard du cadet. Par les circonstances, enfin lorsque la Fronde s’étend. François est fidèle à la reine-mère Anne d'Autriche, régente jusqu'à la majorité de Louis XIV, secondée par Mazarin, tandis que Raphaël, devenu la meilleure lame du royaume, participe à la rébellion. Les domestiques parlent, et un terrible secret, qui pourrait bien mettre la couronne en péril, risque d'être étalé au grand jour. Les deux frères ne le savent pas, mais Raphaël pourrait bien être le fruit des amours impromptues d'Anne d'Autriche avec le duc de Buckingham… Le nouveau-né aurait été confié aux Courcelles par un mystérieux visiteur la nuit de la venue au monde de François. Celui-ci est non seulement chargé par Mazarin de retrouver l'enfant devenu adulte, mais aussi de réprimer la Fronde. François et Raphaël en viendront à s'opposer en duel. La vérité éclatera-t-elle ?


L’ombre de Dieu

Préface de Samuel Sadaune, historien médiéviste. Fin du XIe siècle, 1re croisade. L’auteur se glisse dans la peau d’un moine défroqué en quête d’indulgences pour avoir confondu amour divin et amours terrestres.


Le mépris et la haine

Le mépris et la haine s’intéresse à la petite noblesse provinciale fort éloignée des ors et des fastes de Versailles. L’histoire se déroule à Saint-Suliac.

 


L’apothicaire de la rue de Grenelle

L’apothicaire de la rue de Grenelle. XVIIe siècle. Les déboires d’un médecin protestant, Alexandre Lasalle, à la veille de la révocation de l’édit de Nantes.



La Rivière d’or

La Rivière d’or et Libertas sont la suite du précédent. Les aventures du fils de Lasalle, dans l’Océan Indien. La rencontre d’un certain Olivier de L’Aubertière, pirate humaniste, va l’entraîner dans son utopie de création d’une république libre et indépendante.L’histoire est basée sur des faits réels.